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FCI 2003

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LE GUIDE DE
VOS DROITS
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LE JOURNAL
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L'ÉDITO
Barakat
!
Barakat
! Ca suffit ! Les logiques de l'intolérance autorisent toutes
les dérives dont les femmes sont les premières victimes
: il faut le dire et le redire. Barakat ! Barakat ! Barakat !
Ce
cri et ce constat nous guident depuis bientôt dix ans, sur
des chemins qui nous ont souvent menés de la France au Maghreb.
En
1996, dans le préambule des actes des premières
Rencontres trans-méditerranéennes organisées
par Fci, nous écrivions : " les traditions patriarcales
et les religions ont mis en place loppression des femmes.
Les pays qui institutionnalisent cette oppression, en projetant
les religions au sommet de lEtat, excluent les femmes des
sphères politiques, économiques et sociales. Or un
pays qui exclut la moitié de sa population se condamne lui-même
à la misère qui fait le berceau des intégrismes ".
Si
l'intégrisme islamique a hélas encore de beaux jours
devant lui - pas seulement dans les pays sous loi islamique, mais
à notre porte-, il ne doit pas occulter d'autres formes d'intégrisme
religieux très nocives, bien que nettement moins médiatisées.
Le fondamentalisme qui se développe dans de grands pays occidentaux
comme les Etats-Unis avec la "bénédiction" de W. Bush
n'est pas moins effrayante.
Il
se trouve que nos liens avec les Algériennes, puis avec des
femmes de l'ensemble du Maghreb et bien au-delà, jusqu'en
Afghanistan, nous ont vite amené à nous interroger
sur les innombrables difficultés auxquelles sont soumises
les femmes sous loi islamique. Le mariage du politique et du religieux
ne fait jamais bon ménage. Quand s'y mêlent les influences
traditionalistes, figées dans un passé fantasmé
comme idéal, cela devient l'enfer. L'enfer pour les femmes
d'abord, parce qu'elles sont les premières victimes des intégrismes.
Ce
terrible constat, que tous les observateurs attentifs de la situation
internationale ne peuvent manquer de faire, justifie une action
d'envergure menée au nom de l'égalité entre
les femmes et les hommes. Comme celle portée par les Caravanières,
volontairement en marche vers l'utopie d'un monde meilleur où
le respect de l'Autre, femme ou homme, noir ou blanc, pauvre ou
riche serait la règle. Est-ce trop demander ?
Rêvons
un peu
Allons sous la tente, dressée au cur d'une
cité de France, prenons un thé et discutons. Rencontrons-nous
sur les sujets qui nous tiennent à cur : l'égalité,
ses avancées, ses régressions. En Iraq, l'avancée
des bottes américaines a assourdi la parole des femmes, repassant
après 50 ans d'une égalité presque complète,
au statut d'être inférieur, mineure à vie.
En
revanche, le Maroc fait un grand bond en avant, avec la nouvelle
Moudawana qui accorde l'égalité dans (presque) tous
les domaines aux femmes comme aux hommes. C'est la bonne nouvelle
portée par les Caravanières venues du sud.
L'Algérie,
elle, semble en panne. C'est l'Algérie de la classe politique
qui est en panne. Pas celle des militant-e-s démocrates et
anti-intégristes. Barakat ! clament haut et fort celles-là
et ceux-là qui construisent dans leur pays les bases d'une
société ouverte et démocratique, fondée
sur les respects des droits humains. Des militantes d'Algérie
et de France viennent de produire un CD qui exprime mieux que des
mots le chant d'espoir des Algériennes et des Algériens.
"20 ans barakat" chante haut en couleurs et en rythmes sur le thème
: "eh, juge, qu'est-ce qui t'a pris ?".
Les
droits, parlons-en encore sous la tente avec les avocat-e-s et les
juristes. Ecoutons-les évoquer les cas de telle ou telle
femme ou jeune-fille confrontée à une répudiation,
un mariage forcé, un enlèvement d'enfant. Des sujets
graves et douloureux, à affronter sur le terrain juridique
: dire le droit, chercher à le changer quand il rend les
femmes mineures à vie, quand il empêche une mère
et son fils de se rencontrer.
Barakat
! Barakat ! Barakat !
Et
qu'aujourd'hui vienne le temps des Caravanières, et celui
de leurs luttes contre les inégalités, les discriminations
et les violences faites aux femmes.
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